Batterie
Batterie à 80 % : comment prouver le SoH pour obtenir la prime CEE occasion ?
Pour bénéficier de la prime CEE lors de l’achat ou de la location longue durée d’une voiture électrique d’occasion, la batterie doit respecter un niveau minimal de performance. La règle semble simple : son état de santé, ou SoH, doit être supérieur ou égal à 80 %.
Mais que signifie réellement ce pourcentage ? Où le trouver ? Qui peut le mesurer ? Une photographie du tableau de bord suffit-elle ? Et que faire lorsqu’aucun SoH n’est disponible ?
La fiche réglementaire TRA-EQ-133 prévoit plusieurs méthodes. Le SoH constitue la méthode de référence, mais une voiture peut également être éligible à partir de son autonomie résiduelle lorsque l’état de santé de la batterie ne peut pas être déterminé.

Seuil réglementaire
0 %
Mesure en cours…
L’état de santé de la batterie doit être supérieur ou égal à 80 %, ou respecter l’une des voies alternatives fondées sur l’autonomie résiduelle.
À retenir
Ne vous contentez jamais de l’autonomie annoncée dans une publicité. Demandez au professionnel un document daté, traçable et rattaché au numéro VIN du véhicule.
Définition
Le SoH d’une batterie électrique, qu’est-ce que c’est ?
Le SoH, pour State of Health, désigne l’état de santé de la batterie de traction. Il exprime, sous la forme d’un pourcentage, la capacité énergétique encore disponible par rapport à la capacité utile de référence lorsque la batterie était neuve.
Une batterie affichant un SoH de 86 % conserve ainsi environ 86 % de sa capacité utile de référence. Elle n’est pas « usée à 86 % » : elle a perdu environ 14 % de sa capacité initiale.
Exemple simple
Une batterie possédait une capacité utile de 50 kWh lorsqu’elle était neuve. Si sa capacité utile restante est estimée à 42,5 kWh :
42,5 ÷ 50 × 100 = 85 %
Son SoH est donc de 85 %.
SoH et niveau de charge : quelle différence ?
Il ne faut pas confondre le SoH avec le SoC, ou State of Charge.
SoH — état de santé
Santé 87 %
Capacité énergétique encore disponible par rapport à la capacité utile de référence à l’état neuf.
SoC — niveau de charge
Charge actuelle 65 %
Énergie présente dans la batterie à un instant donné, comme le niveau d’un réservoir.
Une batterie peut donc être chargée à 100 % tout en ayant un SoH de 82 %. Le chiffre « 100 % » affiché à côté de l’icône de batterie sur le tableau de bord indique généralement que la batterie est complètement chargée. Il ne prouve pas qu’elle a conservé 100 % de sa capacité d’origine.
Le SoH indique-t-il exactement l’autonomie ?
Non. Le SoH influence l’autonomie, mais il n’est pas le seul facteur. L’autonomie réelle dépend également :
- de la température extérieure ;
- du type de trajet ;
- de la vitesse ;
- du chauffage et de la climatisation ;
- du style de conduite ;
- des pneumatiques ;
- du relief ;
- de la charge transportée ;
- de la consommation propre au modèle.
Le SoH constitue avant tout un indicateur technique normalisé permettant d’apprécier l’évolution de la batterie.
Seuil
Quel niveau de batterie faut-il pour obtenir la prime CEE ?
La fiche TRA-EQ-133 prévoit trois voies permettant de respecter le critère relatif à la batterie.
3 façons de respecter le critère batterie
Voie 1
SoH ≥ 80 %
Méthode de référence : l’état de santé de la batterie est établi selon la méthode réglementaire.
Voie 2
Autonomie résiduelle ≥ 80 % de l’homologation
Voie subsidiaire, applicable à défaut de détermination recevable du SoH.
Voie 3
Autonomie résiduelle ≥ 200 km
Seconde voie subsidiaire, également fondée sur l’autonomie mesurée.
Il suffit de satisfaire l’une de ces voies selon la méthode applicable — elles ne se cumulent pas.
Le seuil de 80 % est inclus
Une batterie affichant exactement 80 % respecte le seuil. En revanche :
- 81 % : critère respecté ;
- 80 % : critère respecté ;
- 79 % : le SoH seul ne permet pas de respecter le critère.
Si le SoH est inférieur à 80 %, il ne faut pas conclure automatiquement que le véhicule est éligible grâce à son autonomie. Le recours à l’autonomie résiduelle est prévu à défaut de détermination recevable du SoH, selon la méthode réglementaire applicable.
Le seuil concerne toutes les primes TRA-EQ-133
Cette condition n’est pas réservée aux aides à domicile. Elle s’applique aussi bien :
- à la prime standard estimée à 250 € ;
- à la prime estimée à 1 500 € pour une aide à domicile éligible ;
- à la prime estimée à 2 000 € pour une aide à domicile éligible en situation de précarité.
Un véhicule dont la batterie ne satisfait pas les conditions générales ne peut donc pas obtenir la prime standard ni la bonification.
Le kilométrage ne remplace pas le SoH
Une voiture affichant 30 000 kilomètres peut avoir subi une dégradation importante. À l’inverse, une voiture plus kilométrée peut conserver une batterie en très bon état. La dégradation dépend notamment :
- du nombre de cycles de charge ;
- des températures subies ;
- des habitudes de recharge ;
- des périodes d’immobilisation ;
- de la chimie de la batterie ;
- de son système de gestion thermique.
Le kilométrage constitue une information utile, mais ce n’est pas la preuve exigée pour la prime.
Méthodes
Les quatre méthodes acceptées pour prouver la conformité
L’annexe 8 de l’arrêté créant la fiche TRA-EQ-133 détaille les méthodes permettant d’établir le SoH ou, lorsque celui-ci ne peut pas être déterminé, l’autonomie résiduelle.
Méthode 1 : la valeur de SoH affichée par le véhicule
Certains véhicules affichent directement l’état de santé de la batterie. Cette valeur peut être recevable si elle est extraite et intégrée à un document conforme.
- la valeur du SoH affichée ;
- la date de son extraction ;
- le numéro VIN ;
- la méthode d’obtention ;
- l’identité de l’acteur ayant extrait et communiqué la valeur ;
- sa raison sociale et son numéro SIRET.
Une simple photographie prise par le propriétaire n’est pas suffisante : la valeur doit être documentée et traçable.
Méthode 2 : l’extraction du SoH depuis le BMS
Lorsque le tableau de bord n’affiche pas le SoH, le professionnel peut accéder au Battery Management System, qui pilote et surveille la batterie (tension, courant, température, charge, cellules, capacité disponible).
- un outil de diagnostic ;
- une interface télématique ;
- une procédure prévue par le constructeur ;
- ou un autre procédé traçable.
L’arrêté présente cette méthode comme le standard de référence pour les ventes de véhicules électriques d’occasion à des particuliers.
Méthode 3 : le calcul du SoH par un acteur tiers
Un acteur tiers peut établir le SoH à partir des données techniques issues du véhicule ou de la batterie : informations du BMS, mesures de tension, de courant, relevés de température, historique d’utilisation.
- la nature des données utilisées ;
- leur origine ;
- leur mode d’acquisition ;
- la méthode de calcul ;
- les éventuelles limites d’interprétation.
La méthode doit être documentée, cohérente et reproductible. Le document doit être daté et signé par l’acteur ayant établi le niveau de santé de la batterie.
Méthode 4 : l’essai routier pour mesurer l’autonomie résiduelle
Lorsque le SoH ne peut pas être déterminé, l’autonomie résiduelle peut être estimée à partir d’un essai routier. Cette méthode est subsidiaire et ne constitue pas une mesure du SoH.
- l’autonomie mesurée ;
- sa comparaison avec l’autonomie d’homologation ;
- la date de l’essai ;
- le niveau de charge initial ;
- le kilométrage parcouru ;
- le profil du trajet ;
- les conditions de circulation ;
- la température extérieure ;
- la charge transportée ;
- les principaux équipements utilisés ;
- le numéro VIN ;
- l’identité et le SIRET du professionnel.
Le document doit indiquer explicitement que la valeur correspond à une estimation issue d’un essai routier, et être daté et signé.
Tableau de bord
Méthode 1 : la valeur de SoH affichée par le véhicule
Certains véhicules affichent directement l’état de santé de la batterie. Cette valeur peut être recevable si elle est extraite et intégrée à un document conforme.
- la valeur du SoH affichée ;
- la date de son extraction ;
- le numéro VIN ;
- la méthode d’obtention ;
- l’identité de l’acteur ayant extrait et communiqué la valeur ;
- sa raison sociale et son numéro SIRET.
Une simple photographie prise par le propriétaire n’est pas suffisante : la valeur doit être documentée et traçable.
Diagnostic BMS
Méthode 2 : l’extraction du SoH depuis le BMS
Lorsque le tableau de bord n’affiche pas le SoH, le professionnel peut accéder au Battery Management System, qui pilote et surveille la batterie (tension, courant, température, charge, cellules, capacité disponible).
- un outil de diagnostic ;
- une interface télématique ;
- une procédure prévue par le constructeur ;
- ou un autre procédé traçable.
L’arrêté présente cette méthode comme le standard de référence pour les ventes de véhicules électriques d’occasion à des particuliers.
Acteur tiers
Méthode 3 : le calcul du SoH par un acteur tiers
Un acteur tiers peut établir le SoH à partir des données techniques issues du véhicule ou de la batterie : informations du BMS, mesures de tension, de courant, relevés de température, historique d’utilisation.
- la nature des données utilisées ;
- leur origine ;
- leur mode d’acquisition ;
- la méthode de calcul ;
- les éventuelles limites d’interprétation.
La méthode doit être documentée, cohérente et reproductible. Le document doit être daté et signé par l’acteur ayant établi le niveau de santé de la batterie.
Essai routier
Méthode 4 : l’essai routier pour mesurer l’autonomie résiduelle
Lorsque le SoH ne peut pas être déterminé, l’autonomie résiduelle peut être estimée à partir d’un essai routier. Cette méthode est subsidiaire et ne constitue pas une mesure du SoH.
- l’autonomie mesurée ;
- sa comparaison avec l’autonomie d’homologation ;
- la date de l’essai ;
- le niveau de charge initial ;
- le kilométrage parcouru ;
- le profil du trajet ;
- les conditions de circulation ;
- la température extérieure ;
- la charge transportée ;
- les principaux équipements utilisés ;
- le numéro VIN ;
- l’identité et le SIRET du professionnel.
Le document doit indiquer explicitement que la valeur correspond à une estimation issue d’un essai routier, et être daté et signé.
Justificatif
Quelles informations doivent figurer sur le document ?
Le contenu exact dépend de la méthode utilisée. Cependant, plusieurs éléments sont indispensables dans presque tous les cas.
- 1ValeurSoH en pourcentage, ou autonomie résiduelle en kilomètres.
- 2DateDate de la mesure ou de l’extraction de la valeur.
- 3VINNuméro d’identification du véhicule, identique à la carte grise.
- 4MéthodeAffichage véhicule, BMS, calcul par un tiers ou essai routier.
- 5IdentitéRaison sociale, SIRET et signature de l’intervenant.
La valeur mesurée
Le document doit indiquer clairement le SoH exprimé en pourcentage, ou l’autonomie résiduelle exprimée en kilomètres ainsi que, dans ce second cas, la comparaison avec l’autonomie d’homologation. La valeur doit être lisible, sans devoir interpréter une série de données techniques brutes.
Le numéro VIN
Le justificatif doit mentionner le numéro d’identification du véhicule. Le VIN permet d’associer la mesure à la voiture effectivement achetée ou louée. Il doit être identique à celui figurant :
- sur le certificat d’immatriculation ;
- sur la plaque constructeur ;
- sur le châssis ;
- sur les autres documents de l’opération.
Une mesure de batterie dépourvue de VIN ne permet pas de prouver qu’elle concerne le bon véhicule.
La date de l’évaluation
Le document doit être daté. L’arrêté ne fixe pas, dans les passages applicables, une durée de validité générale exprimée en nombre de jours ou de mois. Il reste néanmoins prudent de demander une évaluation suffisamment proche de la transaction pour représenter l’état réel du véhicule.
La méthode utilisée
Le justificatif doit expliquer comment la valeur a été obtenue :
- affichage du véhicule ;
- extraction depuis le BMS ;
- outil de diagnostic ;
- interface télématique ;
- calcul réalisé par un tiers ;
- essai routier documenté.
La mention d’un simple « test batterie effectué » ne donne pas suffisamment d’informations.
L’identité du professionnel ou de l’acteur tiers
Le document doit permettre d’identifier l’acteur qui a extrait, calculé ou mesuré la valeur. Selon la méthode, il doit notamment comporter la raison sociale, le numéro SIRET, la signature et la date d’établissement.
Une traçabilité suffisante
Le professionnel ou l’acteur tiers doit pouvoir justifier l’origine des données et la fiabilité de la méthode. L’objectif est d’empêcher qu’un simple pourcentage non vérifiable soit utilisé pour obtenir la prime.
Checklist d’un justificatif complet
- 01SoH en pourcentage ou autonomie résiduelle en kilomètres
- 02Date de la mesure ou de l’extraction
- 03Numéro VIN
- 04Méthode utilisée
- 05Identité de l’intervenant
- 06Raison sociale
- 07Numéro SIRET
- 08Signature lorsque celle-ci est requise
- 09Comparaison avec l’autonomie d’homologation en cas d’essai routier
- 10Conditions détaillées de l’essai lorsqu’il est utilisé
Calcul
Comment calculer les 80 % d’autonomie résiduelle ?
Lorsque le SoH ne peut pas être déterminé et que la méthode de l’autonomie résiduelle est applicable, le professionnel compare l’autonomie mesurée à l’autonomie établie lors de l’homologation du véhicule. La formule est la suivante :
Autonomie résiduelle ÷ autonomie d’homologation × 100
Calculer le ratio d’autonomie résiduelle
82 %
Seuil de 80 % atteint
Simulation indicative — seul un document conforme établi par un professionnel peut justifier l’éligibilité.
01
Le seuil de 80 % est atteint
Autonomie d’homologation de 300 km, autonomie résiduelle mesurée de 246 km : 246 ÷ 300 × 100 = 82 %. L’autonomie résiduelle représente 82 % de l’autonomie d’homologation, le critère est respecté.
02
Le ratio est inférieur à 80 %, mais l’autonomie dépasse 200 km
Autonomie d’homologation de 400 km, autonomie résiduelle de 310 km : 310 ÷ 400 × 100 = 77,5 %. Le seuil relatif de 80 % n’est pas atteint, mais l’autonomie résiduelle reste supérieure à 200 km. Le véhicule peut donc respecter la voie alternative fondée sur le seuil de 200 km, sous réserve de la conformité du document et de l’application correcte de la méthode réglementaire.
03
Aucun seuil n’est atteint
Autonomie d’homologation de 250 km, autonomie résiduelle de 190 km : 190 ÷ 250 × 100 = 76 %. Le véhicule se situe sous 80 % de l’autonomie d’homologation et sous 200 km d’autonomie résiduelle : le critère batterie n’est pas respecté.
Attention au référentiel d’autonomie
L’autonomie de référence doit correspondre à celle retenue lors de l’homologation de la version concernée. Il ne faut pas comparer l’autonomie mesurée :
- avec une valeur publicitaire d’une autre finition ;
- avec celle d’un modèle équipé d’une batterie différente ;
- avec une estimation trouvée sur un forum ;
- avec l’autonomie d’une génération plus récente.
Le type, la variante et la version du véhicule doivent être correctement identifiés.
Intervenants
Qui doit réaliser le diagnostic de la batterie ?
L’évaluation peut être réalisée par :
- un professionnel de l’automobile habilité ;
- ou un acteur tiers répondant aux exigences de traçabilité prévues.
L’acteur tiers est une personne physique ou morale autre que le constructeur ou le propriétaire du véhicule, intervenant dans l’extraction, la transmission ou la mise à disposition du SoH.
Le propriétaire peut-il produire lui-même le certificat ?
Une photographie, un relevé personnel ou une estimation effectuée par le propriétaire ne remplace pas un document établi dans les conditions réglementaires. Le justificatif doit permettre d’identifier l’acteur ayant réalisé l’évaluation et de contrôler sa méthode.
Le vendeur doit-il fournir le document ?
La copie du document attestant de l’état de santé de la batterie, ou à défaut de l’autonomie résiduelle du véhicule, fournie par le professionnel.
Le vendeur ou le loueur professionnel doit donc être interrogé très tôt sur sa capacité à fournir ce document. S’il affirme que la batterie est « en parfait état » mais refuse de produire une preuve conforme, l’éligibilité ne peut pas être considérée comme acquise.
Un contrôle du véhicule peut-il être réalisé ?
Oui. Le dispositif prévoit des contrôles sur pièces et, pour une partie des opérations concernées, des contrôles sur le lieu où le véhicule et les documents sont disponibles.
Ce qui peut être vérifié
- le SoH est inférieur à 80 % ;
- ou, en l’absence de SoH recevable, l’autonomie résiduelle est à la fois inférieure à 80 % de l’autonomie d’homologation et inférieure à 200 km ;
- le justificatif de batterie est absent ;
- le VIN ne correspond pas au certificat d’immatriculation ;
- le véhicule présenté ne correspond pas aux informations déclarées.
L’absence d’un document justificatif requis peut suffire à rendre le contrôle non satisfaisant.
Chronologie
Quand demander le justificatif au vendeur ?
Le meilleur moment est avant de signer. Vous pouvez présélectionner un véhicule à partir de son annonce, mais vous devez demander au professionnel, avant tout engagement :
- s’il peut mesurer ou faire mesurer le SoH ;
- quelle méthode sera utilisée ;
- si le document mentionnera le VIN ;
- s’il sera daté et traçable ;
- si une méthode d’autonomie résiduelle sera utilisée en l’absence de SoH ;
- si le document pourra être transmis pour le dossier CEE.
Le document doit-il être disponible dès la simulation ?
Pas nécessairement. Le simulateur peut vous demander si la batterie paraît respecter l’un des seuils, avec une réponse « Je ne sais pas encore ». Cette réponse permet de poursuivre la première qualification, mais elle ne vaut pas validation définitive. Le justificatif devra toutefois être obtenu et contrôlé pour constituer le dossier complet.
La bonne formulation à envoyer au vendeur
« Pouvez-vous me transmettre, avant la signature, un document daté rattaché au VIN du véhicule indiquant soit un SoH supérieur ou égal à 80 %, soit, si le SoH ne peut pas être déterminé, son autonomie résiduelle et la comparaison avec l’autonomie d’homologation ? Le document doit préciser la méthode utilisée ainsi que l’identité et le SIRET de l’intervenant. »
Vigilance
Les documents qui ne suffisent pas
Plusieurs éléments peuvent être utiles pour apprécier une voiture, sans constituer à eux seuls la preuve réglementaire attendue.
01
Une photographie de l’autonomie affichée
L’autonomie affichée au tableau de bord varie selon les consommations récentes. Une photographie isolée ne documente ni les conditions de mesure ni la méthode employée.
02
Une batterie chargée à 100 %
Ce chiffre correspond généralement au niveau de charge, pas à l’état de santé de la batterie.
03
Une annonce indiquant « batterie garantie »
Une garantie commerciale ou constructeur ne fournit pas automatiquement la valeur actuelle du SoH.
04
Le contrôle technique
Le contrôle technique apporte des informations essentielles sur l’état général du véhicule. Il ne remplace pas nécessairement le document spécifique relatif au SoH ou à l’autonomie résiduelle.
05
Une facture de remplacement de batterie
Elle peut contribuer à retracer l’historique du véhicule, mais elle ne prouve pas à elle seule la valeur actuelle de la batterie.
06
Un diagnostic sans VIN
Même si le pourcentage paraît favorable, il doit pouvoir être rattaché sans ambiguïté au véhicule acheté.
07
Une estimation réalisée par le propriétaire
Le document doit être établi par un professionnel ou un acteur tiers répondant aux exigences de la méthode réglementaire.
Cas pratiques
Exemples de batteries éligibles ou non éligibles
Cas nº 1 : SoH de 88 % avec VIN et date
Le professionnel fournit un document daté indiquant :
- SoH : 88 % ;
- numéro VIN ;
- extraction depuis le BMS ;
- outil utilisé ;
- raison sociale et SIRET ;
- signature de l’intervenant.
Conclusion : le critère batterie est potentiellement respecté.
Cas nº 2 : SoH de 80 % exactement
Le document est complet et le SoH indiqué est de 80 %. Conclusion : le seuil est inclus. Le critère est potentiellement respecté.
Cas nº 3 : SoH annoncé oralement à 92 %
Le vendeur indique que la batterie est « à environ 92 % », mais ne fournit aucun document. Conclusion : la valeur ne peut pas être retenue en l’état. Un justificatif conforme est nécessaire.
Cas nº 4 : autonomie résiduelle de 230 km
Le SoH ne peut pas être obtenu. Un professionnel réalise un essai routier documenté et mesure une autonomie de 230 km. Conclusion : le seuil absolu de 200 km est atteint, sous réserve de la conformité de la procédure et du document.
Cas nº 5 : autonomie égale à 80 % de la valeur d’homologation
Le véhicule avait une autonomie d’homologation de 350 km. L’essai routier documenté établit une autonomie résiduelle de 280 km : 280 ÷ 350 × 100 = 80 %. Conclusion : le seuil relatif est atteint.
Cas nº 6 : autonomie de 180 km correspondant à 82 % de la valeur d’origine
L’autonomie résiduelle est inférieure à 200 km, mais elle représente 82 % de l’autonomie d’homologation. Conclusion : le seuil relatif de 80 % est atteint. Le critère peut être respecté.
Cas nº 7 : autonomie de 190 km correspondant à 76 %
Le véhicule reste sous les deux seuils d’autonomie. Conclusion : le critère batterie n’est pas respecté.
Cas nº 8 : document correct, mais mauvais VIN
Le SoH est de 90 %, mais le VIN figurant sur le rapport ne correspond pas à celui de la voiture achetée. Conclusion : le justificatif n’est pas recevable pour ce véhicule.
Erreurs
Les erreurs à éviter avant l’achat
01
Confondre SoH et niveau de charge
Un affichage à 100 % ne signifie pas que la batterie est neuve.
02
Considérer le kilométrage comme une preuve
Le nombre de kilomètres ne permet pas de déterminer précisément l’état de santé de la batterie.
03
Accepter un diagnostic sans VIN
Sans identifiant, la mesure ne peut pas être rattachée au véhicule.
04
Se fier uniquement à l’autonomie de l’annonce
Une autonomie publicitaire ou estimée ne remplace pas une mesure conforme.
05
Organiser soi-même un trajet non documenté
Un essai routier personnel peut aider à apprécier le véhicule, mais il ne constitue pas le justificatif prévu par la réglementation.
06
Attendre la livraison pour poser la question
Le professionnel doit être interrogé avant l’engagement de l’opération.
07
Acheter puis essayer de compléter le dossier
La demande de prime doit être enregistrée avant la signature du bon de commande ou du contrat de location.
La batterie est conforme : la voiture est-elle automatiquement éligible ?
Non. La batterie n’est qu’un des critères du dispositif. Le véhicule doit également :
- être une voiture particulière d’occasion ;
- fonctionner exclusivement à l’électricité ;
- avoir été immatriculé pour la première fois en France entre 2017 et 2023 ;
- être acheté ou loué auprès d’un professionnel habilité ;
- être conservé ou loué pendant au moins 36 mois ;
- ne pas avoir déjà fait l’objet d’une valorisation au titre de TRA-EQ-133.
Pour la bonification réservée aux aides à domicile, il doit en plus :
- coûter au maximum 25 000 € TTC ;
- présenter une masse en ordre de marche strictement inférieure à 1 800 kg ;
- respecter le calendrier propre à la bonification.
Le SoH ne doit donc jamais être présenté comme une validation complète de l’éligibilité.
FAQ
FAQ sur le SoH et la prime CEE
Quel SoH faut-il pour obtenir la prime CEE occasion ?
Le SoH de la batterie doit être supérieur ou égal à 80 %. À défaut de valeur recevable, l’autonomie résiduelle doit atteindre au moins 80 % de l’autonomie d’homologation ou au moins 200 kilomètres.
Un SoH de 80 % est-il suffisant ?
Oui. Le seuil réglementaire est « supérieur ou égal à 80 % ». Une valeur exacte de 80 % respecte donc le seuil.
Un SoH de 79 % peut-il être arrondi à 80 % ?
Non. Une valeur inférieure au seuil ne doit pas être artificiellement arrondie. Il faut utiliser la valeur établie dans le document.
Qui peut mesurer le SoH d’une voiture électrique ?
Le SoH peut être évalué par un professionnel de l’automobile habilité ou par un acteur tiers répondant aux exigences réglementaires de traçabilité et de fiabilité.
Le vendeur doit-il fournir le diagnostic de batterie ?
Le document attestant le SoH ou, à défaut, l’autonomie résiduelle fait partie des justificatifs spécifiques de l’opération et doit être fourni par le professionnel.
Une photo du tableau de bord est-elle suffisante ?
Non, pas lorsqu’elle est fournie seule par le propriétaire. La valeur doit être intégrée à un document indiquant notamment la date, le VIN, la méthode et l’identité de l’acteur ayant procédé à l’extraction.
Qu’est-ce que le BMS ?
Le BMS est le système électronique de gestion de la batterie. Il surveille son fonctionnement et peut fournir des données utilisées pour déterminer son état de santé.
Que faire lorsque le BMS ne fournit pas le SoH ?
Une méthode subsidiaire fondée sur un essai routier documenté peut permettre d’estimer l’autonomie résiduelle.
L’autonomie affichée au tableau de bord est-elle recevable ?
Une simple valeur affichée ne suffit pas nécessairement. L’estimation doit être obtenue selon la procédure prévue et faire l’objet d’un document traçable.
L’autonomie résiduelle doit-elle respecter les deux seuils ?
Non. Elle peut atteindre au moins 80 % de l’autonomie d’homologation ou être supérieure ou égale à 200 km.
Une voiture avec moins de 200 km d’autonomie est-elle automatiquement exclue ?
Non. Elle peut respecter le critère si son autonomie résiduelle représente au moins 80 % de son autonomie d’homologation.
Une voiture affichant plus de 200 km au tableau de bord est-elle automatiquement éligible ?
Non. La mesure doit être établie selon la méthode réglementaire et documentée. Les autres conditions du dispositif doivent également être respectées.
Le contrôle technique indique-t-il le SoH ?
Pas nécessairement. Le contrôle technique ne remplace pas le justificatif spécifique prévu pour la prime.
Le certificat de batterie a-t-il une durée de validité précise ?
Le texte impose notamment que le document soit daté, mais ne fixe pas dans ces dispositions une validité générale exprimée en nombre de jours. Une mesure proche de la transaction reste préférable.
Le critère de batterie concerne-t-il uniquement les aides à domicile ?
Non. Il s’applique à toutes les opérations relevant de la fiche TRA-EQ-133.
Puis-je signer avant de recevoir le diagnostic ?
Il est fortement déconseillé de vous engager tant que la conformité de la batterie et votre parcours de demande n’ont pas été sécurisés.
Checklist
La checklist avant de signer
Avant de signer votre bon de commande ou votre contrat de location, vérifiez que :
- 01le professionnel peut fournir un justificatif de batterie ;
- 02le SoH est supérieur ou égal à 80 %, si celui-ci est disponible ;
- 03la valeur est exprimée clairement en pourcentage ;
- 04le numéro VIN figure sur le document ;
- 05la date de l’évaluation est indiquée ;
- 06la méthode d’extraction ou de calcul est expliquée ;
- 07le professionnel ou l’acteur tiers est identifié ;
- 08sa raison sociale et son SIRET figurent sur le document ;
- 09le document est signé lorsque cela est requis ;
- 10en l’absence de SoH, l’essai routier est documenté ;
- 11l’autonomie résiduelle atteint l’un des deux seuils ;
- 12le véhicule respecte les autres critères de TRA-EQ-133 ;
- 13votre demande de prime est enregistrée avant tout engagement.
Faites vérifier votre véhicule avant de l’acheter
Vous avez trouvé une voiture électrique d’occasion, mais vous ne savez pas si sa batterie respecte les critères ? Mobilee vous aide à vérifier le SoH, l’autonomie résiduelle, la date et le lieu de première immatriculation, les caractéristiques du véhicule, votre profil et le montant indicatif de votre prime.
Ne signez pas votre bon de commande ou votre contrat de location avant d’avoir enregistré votre demande de prime CEE.
Le résultat du simulateur constitue une première estimation. L’éligibilité définitive dépend de la conformité des documents et de la validation complète du dossier.
Sources
- Arrêté du 10 août 2026 créant la fiche d’opération standardisée TRA-EQ-133, et son annexe 8 relative à l’évaluation de l’état de santé de la batterie.
- Code de l’énergie, article R. 221-22 relatif au rôle actif et incitatif.
- Ministère de l’Économie : aide à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique d’occasion.